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Le mythe de mithra – une religion ET une société initiatique
Françoise Lamouille Valréas mai 2010 Commençons par une question, qui est-ce ?
« Il est né d'une vierge par l'immaculée conception, avec l'intervention du Saint-Esprit. Cela accomplissait une ancienne prophétie. Lorsqu'il est né, le tyran au pouvoir voulait le tuer. Ses parents ont dû fuir en lieu sûr. Tous les enfants mâles en dessous de l'âge de deux ans ont été massacrés sous les ordres du potentat qui cherchait à tuer cet enfant. Des anges et des bergers étaient là à sa naissance et il a reçu comme présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Il a été adoré comme le sauveur des hommes et a mené une vie morale et humble. Il a fait des miracles incluant guérir les malades, redonner la vue aux aveugles, chasser les démons et ressusciter les morts. Il a été mis à mort sur une croix entre deux voleurs. Il est descendu aux enfers et il est ressuscité d'entre les morts pour remonter aux cieux. »
Cela ressemble exactement à la vie de Jésus, n'est-ce pas ? Mais ça ne l'est pas. C'est la manière dont on décrivait le dieu sauveur oriental, Virishna, 1 200 ans avant la naissance de Jésus. Ce mythe repris par les Perses en fondant le culte de Mithra. Ce que je viens de décrire pourrait être son histoire. Le jour de sa naissance est fêté le 25 décembre. Il était considéré comme la Voie, la Vérité et la Lumière, un grand sage qui voyageait beaucoup. On l'appelait le Messie, le Sauveur et était associé au taureau. Son jour sacré était le dimanche et il avait douze disciples etc. Nous verrons plus loin pourquoi cette religion a été remplacée par le Christianisme.
Mithra est un dieu d'origine indo-iranienne. Son nom - mitra en védique, langue religieuse ancienne de l'Inde - signifie "ami", "contrat". C'est un dieu bienveillant, qui protège la justice et veille à l'ordre du monde ; c'est aussi le dieu du serment, de l'alliance. Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux - dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.
Ce fut la première religion monothéiste universelle, en effet elle s'est propagée dans l'Europe, l'Asie et une partie de l'Afrique. Elle promettait le salut à tous les hommes et à toutes les femmes de toutes conditions sociales. C'est à mon avis la religion monothéisme à laquelle on peut rattacher les cultes monothéistes actuels. Le mythe de la religion chrétienne ressemble beaucoup au culte de Mithra. Un élément important diffère entre les deux : Jésus était un être humain alors que Mithra est une entité et jamais il n'a été dit qu'il était humain. Il vint au monde, dans une grotte, adulte portant une épée terminée par un demi-cercle lunaire, ce qui lui permit de mettre à mort le taureau sauvage afin de s'emparer de la lumière solaire émanant de l'animal. C'est pourquoi c'est un mythe solaire. De tous temps le Soleil a été divinisé. Dans l'Egypte ancienne RA, était le dieu du Soleil et sous son règne, Akhenaton en a fait la religion de l'Egypte, Et puisqu'il avait réuni les deux symboles, la Lune et le Soleil il est devenu un dieu médiateur.
Il est à noter que ce rituel de la mise à mort du taureau s'est perpétué jusqu'à nos jours et vient d'un passé plus lointain encore que Mithra, c'est-à-dire l'Atlantide. Sachons que le mot corrida est un mot atlante.
Les adeptes de la religion de Mithra vivaient en communauté et partageaient tous leurs biens. Pour eux, leur corps physique, étant le véhicule de l'âme, n'avait qu'une importance relative mais il fallait tout de même le maintenir propre et en bonne santé toujours la même maxime : « Un esprit sain dans un corps sain », et ils considéraient la Terre comme un lieu d'exil et de ce fait ils ne recherchaient pas le pouvoir qui pour eux était un fardeau, et le sentiment de propriété n'existait pas. De plus ils respectaient la Nature.
A sa naissance l'enfant était trempé dans l'eau, puis on pressait sur sa bouche un peu du suc de l'arbre hom[1]. Un astrologue regardait la position des étoiles afin de lui attribuer un nom en fonction de la position des planètes. Arrivé à l'âge de sept ans, qu'il soit garçon ou fille, il devait porter une ceinture de chasteté en signe de pureté. Arrivé à l'âge de quinze ans, il revêtait une tunique de coton ou de laine blanche. C'est à l'âge de trente-trois ans qu'il choisissait librement soit d'être initié pour devenir prêtre, ou de rester dans la société. Les initiations étaient ouvertes à tous, hommes ou femmes, riches ou pauvres, sans distinction aucune. Les mytes devaient dispenser le savoir connu du monde. En dehors des cérémonies chacun, du plus haut degré d'initiation au néophyte, était traité de la même façon.
Les cérémonies s'achevaient sur une poignée de main avec le Pater, manifestation physique du pacte, du serment qui lie les mithraïstes. Les initiés s'élevaient graduellement dans la hiérarchie, selon une « échelle » codifiée de sept grades, qui les conduisait à remplir différentes fonctions.
À leur mort, les fidèles recevaient un viatique qui les préparait au grand voyage.
Le mythe de mithra, un culte solaire Mithra est souvent accompagné, dans l'iconographie, par le Soleil et la Lune, placés de part et d'autre du dieu. Deux personnages sont également présents : Cautès, placé à gauche, sous le Soleil, porte une torche levée, et Cautopatès, à droite, sous la Lune, baisse la sienne vers le sol. L'un est le soleil levant, l'autre le soleil couchant, Mithra occupe la place intermédiaire : il tient symboliquement une position médiane. Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l'importance des astres, et, par delà, de l'astrologie dans la religion mithriaque, où ils jouent un rôle positif.
Ceci est une interprétation, on peut imaginer que cette position envers le soleil représente le soleil avant le cataclysme et après.
Le mithréum Le culte de Mithra était intimement lié au sanctuaire où se retrouvaient les adeptes, le mithréum, aucune cérémonie n'avait lieu à l'extérieur. Ce lieu représentait une grotte qui renvoie au mythe de Mithra tauroctone et symbolisait le Cosmos. De taille restreinte, pouvant contenir une trentaine d'adeptes environ. Les plans de ces temples présentaient des caractéristiques communes : pièce d'accès pour revêtir les habits rituels, salle cultuelle en contrebas avec des banquettes en maçonnerie inclinées comme celles d'un triclinium (salle de réception chez les romains) et placées le long des murs, stèle représentant Mithra sacrifiant le taureau, niche avec statue au fond de la pièce, plafond voûté qui représentait le ciel étoilé et les planètes. Cette disposition s'avérait bien différente de celle d'un temple romain.
Le rituel qui se déroulait dans le mithréum devait, suppose-t-on, comprendre un premier temps d'instruction qui prend appui sur une iconographie abondante, puis un repas rituélique. Ce banquet sacramentel commémorait et réactualisait celui de Mithra et du Soleil. La nourriture prise permettait une régénération aussi bien physique que spirituelle. Il est probable que la cérémonie comprenait des sacrifices d'animaux, et que l'eau et le feu y jouaient un rôle important.
Religion du salut, religion à mystères
« Le sacrifice est le fait non des hommes, mais des dieux, et c'est un acte de création : le sacrifice fonde le monde »
(R. Turcan, Mithra et le mithriacisme, p.103).
Mithra est ainsi un dieu sauveur, sur le plan matériel aussi bien que spirituel, et son geste d'immolation du taureau a une dimension cosmique :
Le culte de Mithra, en passant de l'Orient à l'Occident, est devenu, à l'instar d'autres cultes grecs, une religion à mystères. Lors de son initiation, le futur adepte, passant de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les rites initiatiques exigent courage et endurance physique
Le mythe de mithra en images Ce que nous savons sur le mithraïsme est fondé sur l'iconographie, sur des peintures et surtout des sculptures, car quasiment aucun texte sacré n'est parvenu jusqu'à nous. Cette religion se présente comme un livre d'images sans commentaires et sans explications qui permettent d'en décrypter la doctrine.
Cette victoire est célébrée par un grand banquet où sont présents le Soleil et Mithra. Ce dernier, devenu Sol invictus, Soleil à la fois invaincu et invincible, monte vers le ciel en char solaire. Le mythe semble alors faire apparaître la prédominance de Mithra sur le Soleil.
LES DEGRES D'INITIATION
Ces sept degrés sont représentés graphiquement, à Ostie, dans le mithréum de Felicissimus, comme autant de « portes » symbolisant le chemin que parcourt l'âme. Chaque initié portait une tenue cultuelle spécifique, très colorée. En effet objets et rites participaient à la réactivation d'un mythe compliqué et avaient une forte charge symbolique. La doctrine était complexe, mais donnait à l'adepte une explication globale et cohérente du monde : il pouvait se situer dans le temps comme dans l'espace, dans une histoire du monde comme dans un univers où l'astrologie jouait un rôle prépondérant. Il s'inscrivait dans la dynamique d'un salut apporté par un dieu sauveur qui agissait pour les hommes, et dans la lutte (suivant un principe dualiste hérité des origines orientales) entre le bien et le mal. Une inscription trouvée dans le mithréum de Sainte Prisca, à Rome, souligne cet aspect :
« Et nos seruasti (a)eternali sanguine fuso. »(la lecture du mot (a)eternali est difficile et sujette à discussion) « Et nous, tu nous as sauvés en répandant le sang porteur d'éternité. »
Le dieu ne promettait pourtant pas à ses adeptes une existence exempte de difficultés : la vie était grave, rude, et la lutte requérait la fraternité cultuelle des adeptes, ainsi qu'en témoignent les inscriptions du mithréum de Sainte Prisca :
« Nubila per ritum ducatis tempora cuncti. » « Les temps sombres comme les nuages, passez-les dans l'accomplissement des rites, ensemble. » « Dulcia sunt ficata avium, sed cura gubernat. » « Délectables sont les foies de volaille, mais ce sont les soucis qui tiennent le gouvernail. »
Pour participer à la liturgie mithriaque, il fallait être accepté par le groupe moyennant un apprentissage du culte et des épreuves d'initiation. La hiérarchie initiatique comportait sept degrés : Corax « corbeau », Nymphus « promis », Miles « soldat », Léo « lion », Persa « Perse », Héliodromus « courrier du soleil » et enfin Pater « père ». A chacun de ces degrés correspondait une planète tutélaire : Mercure pour le Corax, Vénus pour le Nymphus, Mars pour le Miles, Jupiter pour le Léo, la Lune pour le Persa, le Soleil pour l' Heliodromus, Saturne pour le Pater.
J'ai fait un rapprochement entre ces degrés d'initiation et les chakras :
Les chakras sont des centres de force qui doivent s'ouvrir et se développer afin d'entrer en activité. En Franc-Maçonnerie nous commençons par le développement du chakra de la gorge. En effet celui-ci confère à l'homme le développement du sens de l'ouïe dans le monde subtil du corps émotionnel. L'Apprenti doit ainsi ouvrir son mental aux idées nouvelles et avoir une pensée plus large. Par ailleurs le développement du cerveau dépend de l'ouverture de ce centre.Le premier grade a pour but de développer le mental et de soumettre les passions du corps physique. L'homme qui développe ce chakra sera capable de vaincre ses passions et de diriger cette énergie vers le cerveau. Plutôt que vers le bas.Ce n'est pas pour rien que nous portons un tablier et l'attache devrait séparer le bas du corps afin que les énergies dispensées par le rituel atteignent les centres de forces supérieurs.Le premier degré d'initiation dans le culte de Mithra est le Corax et cela correspond tout à fait à notre premier grade.
Mithreum de Felicissimus à Ostie Je vous cite tel que je les ai trouvés les sept degrés d'initiation. Chacun reconnaîtra les ressemblances selon son grade. 1. CoraxL'initiation du Corax marquait l'entrée de l'initié dans le sacré. Le corbeau, en effet, qui ne parle pas de lui même, mais peut apprendre à parler, et qui, bien que noir, est destiné à devenir blanche colombe, sert de médiateur et va guider le myste hors du monde profane pour le mener vers la connaissance du divin. Il faut se souvenir que c'est cet animal qui a été le « courrier du soleil » pour avertir Mithra qu'il devait venger le père et sacrifier le taureau, c'est pourquoi on voit dans certaines représentations le récipiendaire se présenter à l'Initiation semi-nudus « demi nu »; un voile épais lui couvrant les yeux et le pater, le crée, le constitue et le reçoit à l'aide de son épée flamboyante, alors qu'il se présente le genou droit à terre et le gauche relevé. D'autres tableaux présentent le moment où l'officiant ôte son bandeau au futur initié, un meurtre fictif où le mort, tête à l'occident et le corps taché de sang, est surmonté d'un glaive ensanglanté tenu par un miles, nom qui servait à désigner un dignitaire du 3e degré.
2. NYMPHUS Le candidat au degré de Nymphus entrait dans le Temple recouvert d'un voile épais qu'on lui ôtait rituellement au cours de la cérémonie pour le faire reconnaître par les mystes.
3. MILES L'initiation du Miles se caractérisait par un tatouage symbolique au fer rouge sur le front, symbole de l'escarboucle, ce troisième œil qui naît sur le front de l'être parfait. On lui présentait également une couronne à la pointe de l'épée, mais il devait la faire dévier sur son épaule en disant que Mithra était sa vraie couronne. Ce mythe était censé l'éprouver par une menace de mort suivie de résurrection symbole affectionné des rituels initiatiques. Comme l'avait fait Mithra pour le Soleil, on devait aussi placer un sac sur son épaule.
4. LEO La consécration et les fonctions du Léo sont dominées par le feu. On lavait les mains du récipiendaire avec du miel, pour ne pas utiliser l'eau contraire au feu, et du miel déposé sur sa langue le purifiait de tout péché. Le feu symbolisait le feu sacré qui anime les Etres et les différencie des créatures. Les Lions brûlaient de l'encens, faisaient de petits feus dans le Mithraeum et devaient exécuter des épreuves.
5. PERSA Les mains du Persa étaient également purifiées avec du miel, mais en vertu d'un autre symbolisme. Le candidat recevait ce miel en tant que « gardien des fruits ». Le miel, en effet, tenait lieu de sucre conservateur passant de la Lune à la semence du taureau pour faire pousser, par le sang répandu, les plantes et les arbres porteurs de fruits.
6. HELIODROMUS On ignore tout de l'initiation de l' Heliodromus. Sur la mosaïque de Felicissimus, ses symboles sont la couronne radiée, la torche et le fouet du Soleil.
7. PATER Le Pater portait une Mitre à trois étages représentant les tria loca « les trois mondes » qui pourraient également symboliser les trois Logos. Ce bonnet richement orné l'assimilait à Mithra. Il avait comme signes de reconnaissance la serpe de Saturne, une coupe à libations et la baguette d' Hermès qui change en or tout ce qu'elle touche. Il ne pouvait être consacré que par un autre Père ou par le Pater Patrum « le Père des Pères ». La coupe à libations faisait de lui le responsable de la piété, le Pater Sacrorum « le Père (responsable) des rites ». On a supposé sans fondement réel que le Pater et l'Heliodromus reprenaient les rôles de Mithra et du Soleil, réactualisant, dans les repas rituels, leurs rôles respectifs dans la Tauroctonie.
Les épreuves de l'initiation, sa hiérarchie stimulante fondée sur un cycle marqué par le cours des astres qui explique le rôle et la place de l'initié dans le monde créé étaient de nature à renforcer l'ardeur des néophytes à comprendre la valeur et le sens des symboles qui les entouraient et qui étaient sans cesse présents dans le sanctuaire. Le repas communautaire contribuait à unir les mystes entre eux et à les ancrer dans le sacré. Ils reproduisaient à chaque fois le rituel transmis par Zarathoustra qui réunissait ses disciples à midi pour les renvoyer à minuit, après un repas communautaire, et se séparaient toujours après serment à Mithra de respecter la loi du silence sur tout ce qu'ils avaient vécu. Les images, les fresques, les représentations symboliques donnaient à ces hommes dont la plupart, ne savaient ni lire, ni écrire, des raisons de vivre et d'agir en conformité avec leur idéal d'initiés sauvés par le « sang éternel » et enfin sortis, par leur seconde naissance, du monde des créatures. Grace à un enseignement par degré, cette religion, permettait une assimilation plus facile. De plus elle avait vis-à-vis des autres croyances une tolérance et ne faisait pas de prosélytisme, ce qui n'empêcha qu'elle devint très populaire. Les chrétiens firent de nombreux emprunts à la religion de Mithra et à ses symboles ; le plus important fut celui de la messe, rite alchimique, résumé d'une route initiatique dont bien des significations se sont perdues en chemin. Cette religion d'une part élitiste et d'autre part accessible à tous ceux qui étaient prêts à l'accepter et à étudier a précédé la religion chrétienne et s'est vue supplantée par celle-ci. Chacun en comprendra les raisons mais ce n'est pas le moment d'en débattre aujourd'hui. Nous avons pu remarquer que ce soit les lieux de cultes ou l'accession à des grades, ce mythe est très proche de notre société initiatique. Etrangement, lorsque nous étudions l'histoire de la Franc-Maçonnerie, il n'en est jamais fait mention.
Statue de Mithra, Musées du Vatican [1] L'arbre Hom, en Iran, est à la fois arbre et source. Ses pieds s'enfoncent au sein de la terre, sa cime est baignée de vapeurs d'eau qui retombent en rosée dans la vallée. |
GLSH Franc-Maçonnerie
Egyptienne





![Mithra tauroctone, photo Béatrice Oravec © [Texteimage.com]](http://glsh.free.fr/mythra/image008.jpg)



